Dessins de : 
Serge Simon et 
Christine Flasschoen (Orphée)

 

Autour du Centre Culturel Jacques Franck, pôle sud de la Parade, se sont ainsi rassemblés quatre grands ateliers : la Me(s) Mo(ts) Parade de Forest: parade de la mémoire de l’immigration; Tous dans la même galère (au pays du chou), spectacle de cirque de rue au départ d’un char-trapèze; La Bande Zinneke, danseurs de rue menés par des percussions brésiliennes ; la Zinneke Parade Marolles autour d’Etendards–portraits des habitants du quartier de la rue Haute, accompagnés par des rappeurs, breakeurs, danseurs de hip-hop entraînés par des percussions jouées sur des bidons décorés par des graffeurs. A ces quatre ateliers viendra s’ajouter le petit groupe d’ORPHEE venu de Corroy-le-Grand : groupe invité surprise !

Parader, c’est se montrer, montrer qu’on existe, avec l’envie d’être beau, avec des habits de …parade ! Ainsi, la Parade Zinneke se devra d’être ce moment inouï, unique, de mise en valeur de ce qu’est une ville : ses habitants de toutes cultures, de toutes langues, de toutes races, unis dans leur diversité affirmée et montrée, paradée… 27 mai 2000 à partir de midi : pour ce seul jour fameux, une énergie de fourmis passionnées se sera déployée, un peu partout pendant presque un an, dans l’ombre des ateliers, foyers, maison de jeunes, maisons de quartier, écoles… Ce jour-là, nous espérons vous étonner, vous donner des frémissements de bonheur, faire pétiller vos yeux, quand sortiront de l’ombre, enfin, nos chars, nos costumes, nos chants, nos danses, nos musiques, portés par de lumineux sourires.
 
La Bande Zinneke
Asbl Parcours
Félicette Chazerand
02.347.49.49
Me(s) Mot(s) Parade
Asbl Le Cairn
Rachid Barghouti
02.376.88.84
Tous dans la même Galère
Francis Begasse, 
Vincent Bouzin
02.241.93.87
Zinneke Parade Marolles
Centre Bruegel
Christine Rigaux
02.503.42.68
Cabinet d’Art Contemporain
Jean-Marie Stroobants
02.511.93.84
   
Avec le soutien de la Commune de Saint-Gilles
Avec l'aide du Ministère de la Communauté Française, secteur des Centres Culturels
 

Depuis août 99 pour certains ateliers, la Parade du Sud se construit dans tous les coins et recoins de St-Gilles, Forest, Uccle, les Marolles… Au début, il fut parfois difficile d’y croire, tant les envies divergeaient, tant les différences étaient éclatantes: comment mettre ensemble toutes ces belles énergies ! Et puis, petit à petit, les liens se sont noués, les rencontres se sont faites.

Cette parade se construit avec les gens, sur le terrain, dans leurs quartiers. Des jeunes, des moins jeunes, des breakeurs, des jongleurs, des acrobates, des danseurs de capoeira, des percussionnistes de toutes disciplines, des animateurs de rue, des amateurs de théâtre, des amateurs de cirque, des enfants qui ont envie de se déguiser, des majorettes, des mamans couturières, des porteurs de bannières, des rappeurs,… et des artistes, comédiens, metteurs en scène, scénographes, chorégraphes, marionnettistes, compositeurs, costumiers…

Rencontre improbable et interpellante : qui est qui, qui fait quoi, quel est le lien le plus sûr entre l’art et le social, quel partenariat va permettre la créativité la plus vivante, comment vont se souder toutes ces énergies dispersées pour permettre, sur le terrain de la rue, l’émergence d’un nouvel imaginaire contemporain ? Ce qui liera tous ces chars, costumes, chorégraphies, musiques, créations de tous ordres, c’est l’intime des habitants; tous ont quelque chose à dire, et la Parade devra être l’endroit exact de cette expression en devenir :

  • l’identité urbaine ou comment dire et valoriser son quartier, sa rue, ses multiples valeurs à sauvegarder, ses modes de vie, comment donner à voir dans un cortège joyeux la richesse inouïe du côtoiement des cultures et de leurs surprenantes interférences;
  • la mémoire d’un moment de l’immigration maghrébine, le souvenir de la transhumance annuelle des mois d’été, avec les camionnettes surchargées de valises et baluchons pour un retour chaleureux au pays d’origine;
  • la bande comme outil d’expression privilégié des communautés marginalisées ou exclues; ici la bande rassemble étonnamment des gens de toutes origines et de tous âges, la bande ne nie pas ses origines brésiliennes, mais les danseurs et musiciens qui la composent, venus de toutes les communes de Bruxelles, créent une bande nouvelle, interculturelle, qui dit l’universalité de la danse, la joie universelle de marteler ensemble et en rythmes les pavés d’une rue, les pavés d’une ville qui affirme ainsi son identité multiple;
  • et l’humour et le rire pour dire sa perplexité par rapport à ses propres origines : c’est quoi, Bruxelles, cette ville où furent inventés les chicons et les choux… de Bruxelles ! ? pourquoi une confrérie saint-gilloise célèbre s’appelle-t-elle la Société des Kuulkapers (coupeurs de choux) ? sait-on que la commune de Saint-Gilles fut jadis plantée de jardins, où se cultivaient notamment les fameux petits choux, où subsiste encore une rue du Céleri… Comment dire cette ville polymorphe qui parfois semble dormir d’un mauvais rêve et d’autres fois se réveille dans des foires bruegheliennes, des virées estudiantines ou " footballiennes ", des envies de vraie justice, des marches blanches ?